Soulier pour pied atrophié en satin et en bois de 13,5 cm de longueur.
La coutume des pieds bandés commence au Xème siècle, elle consistait à bander les pieds des jeunes filles entre l'âge de 4 et 9 ans pour que ceux-ci prennent une
forme allongée et bombée comme une fleur de lotus.
Même à l'âge adulte, une fois les bandages retirés le pied continuait à grandir dysfonctionnellement causants des infections, paralysies et atrophies musculaires.
L'idéal est que le pied mesure 15 cm. Cette perfection est rare et donc très recherchée. La jeune fille qui possède cet atout fera un riche mariage.
La déformation la plus courante consiste à replier progressivement les derniers quatre doigts de pied sous le gros orteil.
Puis, il faut le raccourcir en accentuant la courbure de la voûte plantaire avec un objet cylindrique qui la comprime.
Il est évident que cette mode a infligé pendant 1 000 ans aux fillettes des douleurs difficilement tolérables, une fois adultes leur démarche ne
pouvait qu'être lente est difficile.
Cette coutume voit le jour à la fin de la Dynastie des Tang, ou le Prince Li Yu lança cette "mode" parce qu'il fît fasciné par les pieds d'une jeune danseuse dont son nom était "Petite
Chose Précieuse". Le souverain s’avise de faire tordre le pied d’une de ses femmes pour lui donner une vague ressemblance avec le croissant de la lune. Les courtisans se pâment aussitôt
d’admiration et la mode est adoptée.
Cette coutume était appliquée par les courtisanes de la cour impériale, mais à vite progressé dans toute les classes sociales et se perpétue de génération en génération.
Plus la taille du "lotus d'or" était petit, plus le destin de la jeune fille lui réservait un mariage et une vie de prestige ! et cela peu importe son âge, ce qui est de nos jour interdit
en Chine, en effet aux environs de 1949-1950 et l'avènement du président Mao il décréta l'interdiction du mariage forcé pour les jeunes filles mineures. Aujourd'hui encore, le mariage est même
presque impossible en Chine pour les femmes de moins de 20 ans (22 pour les hommes). "Presque" car il existe toujours des exceptions qui passent à travers les mailles du filet entre autre dans
les provinces et régions autonomes comme au Ningxia.
Cependant elle ne fut pas appliquée par toutes les ethnie de la Chine, en effet, les Halla et les Mandchous ne virent jamais
leur femmes subirent de telles douleurs.
Chez les Hakka, les femmes travaillaient dur et remplaçaient souvent les hommes pour certains travaux, chez les Mandchous, les femmes avaient une place plus dominante au sein de la famille.
Quand la dynastie des Ming fût renversée par les Mandchous, l'arrivée de la dynastie des Qing au trône fit que les femmes Mandchous trouvèrent un moyen simple et moins contraignant pour
avoir la même démarche chancelante et légère que les chinoises aux pieds bandés, une chaussure avec un talon central.
L'occident, commençant à s'intéresser du monde extérieur avec l'époque des colonies commencent à rêver de ces merveilleuses femmes chinoises avec
l'arrivée de gravures ou photographies de ces "Lotus d'Or" dans des bibliothèques. Après être devenu le fantasme de tous les chinois, les gravures érotiques conquièrent celui des occidentaux.
Les édits impériaux de 1902 interdisent la déformation des pieds. Mais, il faudra attendre 1911 et la naissance de la République pour que des mesures efficaces soient prises.
Pour ceux qui ont perdu le fil de l'Histoire, la dernière dynastie de l'Empire chinois est tombée en 1911, et dès janvier 1912 Sun Yat-Sen était proclamé premier président de la République de
Chine.
Pendant plus de 1 000 ans, enviée et admirée cette coutume surnommée "Lotus Doré" ou "Lis Doré" est devenue objet de curiosité sur les quelques derniers témoins de ce millénaire
d'oppression.
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